Au menu ce midi, une interview de Bad Spoon par Kevin Moreau

Au menu ce midi, une interview de Bad Spoon par Kevin Moreau

Aimez-vous les bons petits plats ? Notre chef de la gourmandise M. Kevin MOREAU, vient de préparer quelques délicieuses dégustations dont le secret se nomme Bad Spoon.

La gastronomie et le graphisme enrichissent sa vie, la cannelle lui apporte les bonnes vibrations pour sa créativité. A l’aide de sa cuillère il apporte divers délices auprès de ces convives.

Cependant, Kevin m’a confié un de ces secrets dont il en fait sa spécialité quotidienne « l’identité de marque »

Au menu ce midi, je vous invite à découvrir une toute nouvelle interview d’un chef de la gourmandise et d’un designer spécialisé dans l’identité de marque, Monsieur Kevin MOREAU.

 

Bonjour, Kevin merci d’avoir accepté mon invitation à cette entrevue. Tu résides dans le sud de la France à Montpellier et tu es designer spécialisé dans l’identité de marque.Peux-tu nous en dire d’avantage, qu’est ce que l’identité de marque ?

 
Steve JobsBonjour à toi Cédric, et merci de m’avoir proposé cette interview, c’est vraiment gentil à toi !

Tu rentres directement au cœur du sujet, j’aime ça. L’identité de marque, c’est ce qui permet à une marque de se distinguer des autres marques, et surtout de ses concurrents.

C’est ce qui lui permet d’annoncer clairement quelles sont ses valeurs, ce qu’elle apporte d’unique à ses clients, et au monde. On fait souvent l’amalgame entre identité de marque et identité visuelle.

En comparant avec un être humain, l’identité visuelle serait un peu comme le corps de la marque, son apparence – le logo lui servant de visage – là où l’identité de marque serait plus intérieure : son cœur, son esprit, sa colonne vertébrale.

Tout le jeu est que cet intérieur se voit à l’extérieur, via l’identité visuelle, mais aussi à travers la voix de la marque, la manière dont elle s’exprime. Par exemple à travers ses messages ou le ton qu’elle utilise (sérieux, familier, académique, fun, etc.).

Pour prolonger la comparaison entre la marque et un être humain, tu peux observer Apple et Steve Jobs, par exemple. Dans les deux cas : des valeurs, une apparence, et une manière de s’exprimer immédiatement identifiables, uniques.

 

Merci pour ces précisions au sujet de l’image de marque. Ce qui m’apporte la question suivante. Doit-on réfléchir et élaborer son identité de marque avant ou après son identité visuelle ?

 

L’identité de marque est le point de départ,

l’identité visuelle vient seulement ensuite.

 

Pour utiliser une autre analogie, si tu veux construire une maison, tu commences à creuser les fondations avant de peindre les murs. Notamment parce que des murs, pour le coup, tu n’en as pas encore.

Dans un premier temps, ça a beaucoup plus à voir avec le marketing qu’avec le design : si tu ne sais pas quelles sont tes valeurs, qui sont tes clients et quels sont leurs besoins, qui sont tes concurrents et comment ils se positionnent sur le marché, il va t’être difficile de définir une identité de marque cohérente, et d’autant plus difficile de construire une identité visuelle qui fonctionne.

Ceci dit, après la création de la marque, la réflexion et le développement continuent, et des échanges se mettent en place entre l’identité visuelle et l’identité de marque.

Pour reprendre l’exemple de la maison, ce serait comme un bâtiment qui n’est jamais achevé. Toujours une pièce à réorganiser, une autre à repeindre, une véranda à ajouter, etc.

Au final, ça fonctionne plus comme un organisme vivant, qui croît et évolue en permanence. Il y a quelques semaines, Seth Godin comparait d’ailleurs les projets à des jardins sur son blog. J’aime beaucoup cette idée.

S’occuper d’une marque et de son identité, ce serait comme jardiner : enlever les mauvaises herbes, mettre un coup d’engrais pour que telle plante pousse plus vite, élaguer si ça devient nécessaire, etc.

Mais surtout, partager un lien organique, créer une vie propre et l’aider à se développer.
maison

 

Merci beaucoup Kevin pour nous avoir éclairer sur ce sujet. Dans tous projets on doit élaborer son identité de marque suivie de son identité visuelle. Peut-on parler de règle ou de code à respecter pour créer une bonne identité de marque et visuelle ?

Oui. Et non.

Oui, parce qu’un plan est nécessaire pour structurer la démarche, éviter d’oublier une des étapes fondamentales, gagner du temps, etc. De même que la création d’un site internet suit généralement un « process » bien défini, pour éviter de se reposer toujours les mêmes questions, de réinventer la roue à chaque fois.

Non, parce qu’il n’existe aucune formule magique pour s’assurer qu’une identité de marque ou une identité visuelle soit « bonne ». Le plan permet de diminuer le risque d’échec, mais il faut quelque chose en plus pour faire vraiment la différence.

Comme en photo : tu peux connaître les principes fondamentaux de la photo, avoir du matos de pro, suivre à la lettre la méthode des plus grands, ça ne suffira pas pour réussir à coup sûr une photo d’exception. Il faudra ajouter un petit quelque chose : une vision, un regard, une pointe de créativité. Le  petit truc en plus qui fait la différence.

C’est là où la science laisse la place à l’art.

J’aime comparer la création d’identité de marque ou d’identité visuelle à la cuisine. Tu pars d’une recette. Tu choisis des ingrédients de qualité. Tu t’équipes du matériel adapté pour réussir au mieux ton plat. Mais si tu te contentes de suivre cette recette à la lettre, tu auras probablement un plat standard. Bon (ou tout juste correct), nourrissant, mais pas plus.

Gâteau chocolat

Pire : tu prends le risque que certains de tes convives n’aiment pas un ingrédient, ou y soient carrément allergiques. C’est pour ça – entre autres – que tu pars toujours du client et de ses clients à lui quand tu crées une identité de marque. Tu peux savoir faire le meilleur gâteau au chocolat du monde, si les convives que tu sers n’aiment le chocolat, ça te fait une belle jambe !

Mais si tu cuisines sans aucune recette, au jugé, en prenant seulement ce que tu as dans le frigo, tu prends un risque.

 

Le plat sera sûrement unique, mais il y a de grandes chances qu’il manque quelque chose d’essentiel : pas assez nourrissant, trop épicé, ou même qu’il n’ait rien à voir avec ce qu’on t’a demandé (amène donc un steak d’autruche à des convives qui ont commandé des fruits de mer, tu auras sûrement des réactions intéressantes… Même si ton steak est un vrai délice, parce qu’il est probable qu’ils n’essaient même pas de goûter).

Si tu veux cuisiner un plat unique qui soit également délicieux et nourrissant, mieux vaut partir d’une recette, l’adapter au goût des convives, puis le personnaliser : utiliser le tour de main qui fait la différence (que tu tiens de ta grand-mère suédoise), saupoudrer d’une épice unique (un secret jalousement gardé, découvert lors d’un voyage au Népal), etc.

Ca y est, je commence à parler cuisine et je m’emballe… Tu vois l’idée ?

 

Parfaitement je vois bien l’idée de transition pour que tu nous parles d’une autre spécialité ou passion le Foodesign. Qu’est ce que le Foodesign ? ça se mange ^^

 

Aaaaah, le Foodesign, l’un de mes pêchés mignons préférés ! Le Foodesign, c’est tout simplement l’alliance du beau et du bon, sous toutes les formes possibles. C’est le moyen idéal d’être doublement rassasié pour tous ceux qui sont aussi gourmands de bons petits plats que de graphisme et de design.

Un exemple : la designer Elsa Lambinet a créé un nouveau concept chocolatier, Sweet Play. Elle s’est inspirée des briques Lego pour proposer aux gens de composer eux-mêmes leurs chocolats. L’idée est brillante, j’adore ! Dans ce cas, c’est beau, bon, et en prime très malin.

La tendance récente du « food porn » (prendre en photo la nourriture qui se trouve dans son assiette, ou que l’on vient de préparer), favorisée par les Smartphones, a beaucoup fait pour le Foodesign. Les émissions télé comme Top Chef aussi. La plupart des gens aiment manger (surtout en France…). Ils aiment partager leurs trouvailles, leurs bons plans, leurs jolies réussites. Le Foodesign est tout simplement une autre manière de célébrer l’art culinaire.

foodesign

 

Comment as-tu découvert cette discipline ? Est ce que tu le pratique dans tes créations ?

Ma gourmandise m’y a amené naturellement, j’imagine. Le fait d’avoir construit l’identité de Bad Spoon autour d’une thématique culinaire a également joué. Ça m’a encore plus sensibilisé à la chose, et donné de nouvelles raisons de rechercher l’inspiration à travers le Foodesign.

Je n’ai pas tellement pratiqué la discipline moi-même, ceci dit. Je devais créer l’identité d’une boite proposant un nouveau concept de gaufres, mais l’initiateur du projet a dû le mettre en stand-by. Et aucun de mes clients ne m’a passé de commande dans ce sens jusqu’à présent.

J’aurais pu en créer pour le fun, mais ça fait bien longtemps que je n’ai plus travaillé sur un projet personnel, malheureusement. Je n’ai pas encore créé l’occasion. Mais je ne désespère pas…

En fait, j’aimerais refondre mon site dans cet esprit. Au moins en partie. Le design actuel est transitoire, un peu comme une sorte de page blanche. Je compte le faire évoluer lorsque j’aurais terminé l’évolution de mon activité.

 

Quelle délicieuse interview, entre l’identité de marque et visuelle en entrée et le Foodesign comme plat principal, nous arrivons au dessert. Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel et de la naissance de Bad Spoon ?

Kevin Moreau

Mon parcours est un peu particulier, mais j’imagine que c’est souvent le cas pour les indépendants comme toi et moi. J’ai étudié les sciences humaines (socio-ethno) puis la danse, avant de découvrir la « com’ ». J’ai voulu fusionner ces 3 disciplines, en mélangeant l’humain, l’art et le monde de l’entreprise. Ça m’a amené à faire du design/marketing B2B humaniste, au final. Une sorte d’ornithorynque tout chelou dans le monde des entreprises. Tout ce que j’aime.

Pour la naissance de Bad Spoon, ça s’est fait un peu par accident. Je suis rentré des Etats-Unis en Octobre 2008, pile quand la crise était en train de s’abattre sur la France et que les budgets com se faisaient sabrer un peu partout. Après avoir passé plusieurs mois à chercher un boulot intéressant, sans succès, j’ai décidé de créer mon propre boulot et de tenter l’aventure en solo.

Ca n’a pas été simple, bien entendu (je n’avais qu’une idée très vague de ce qu’il faut pour gérer une entreprise), mais je ne regrette aucun des instants passés à tenter de dompter cette espèce de lama grincheux et récalcitrant qu’est ma petite entreprise.

 

Merci beaucoup Kevin pour ce délicieux moment passé avec toi. Merci de nous avoir fait découvrir le foodesign et de nous avoir éclairer sur l’identité de marque et visuelle.

 

Nous arrivons au café avec ces petites gourmandises. C’est le moment de partager cet article auprès de vos amis, d’échanger avec Kévin et moi même à travers l’espace commentaire ci-dessous.

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Cédric Debacq

Graphiste & Photographe
Cédric DEBACQ entrepreneur photographe et Graphiste designer, je réside à Moulins sur Allier au coeur de la région Auvergne. Toutes les publications ont pour but de vous partager ma veille numérique, mes connaissances et vous apportez les réponses à vos besoins. Pour toutes questions, utilisez l'espace commentaire ci-dessous.

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